dimanche, août 28, 2005
Un Nord Coréen Invité à la Maison Blanche
Japan Focus, 17 juillet 2005
Pour une liste complète d'articles de presse internationale visitez le site du NKHR "Medias Internationaux"
Le 13 juin 2005, les portes du Bureau Ovale de la Maison Mlanche se sont ouvertes pour accueillir un jeune Coréen (37 ans) , Kang Chol-Hwan, réfugié nord coréen et peut-être la première personne de Corée du Nord que le président aura rencontrée. Il a été invité à la Maison Blanche car le président Bush venait de lire son livre, écrit conjointement avec Pierre Rigoulot "Les Aquariums de Pyongyang - Dix Ans dans le Goulag Nord Coréen" (New York, Basic Books, 2001) Par une étrange coïncidence, la même année de publication du livre de Kang, 2001, une autre histoire dans les goulags coréens était publiée, également à New-York. Par une coïncidence encore plus étrange, ce livre raconte aussi l'histire d'un Coréen au Japon, également de Kyoto. Son auteur cependant, Suh Sung, n'a pas enduré 10 ans mais 19 ans d'horreur, non pas en Corée du Nord, mais en Corée du Sud, sous des conditions terribles incluant la torture, avant d'être libéré peu de temps après Chol-Hwan en 1990 ( Suh Sung, Dix-Neuf Ans dans le Goulag Sud Coréen. New-York, Rowman and Littlefield, 2001). L'auteur, actuellement professeur à l'université Ritsumeikan de Kyoto, avait été arrêté pour raisons politiques détournées en 1971, torturé, et emprisonné jusqu'en 1990. Les familles Kang et Suh dans l'après-guerre à Kyoto étaient de part et d'autre du rideau de fer qui divisait le Japon et le monde entier. Le tableau dépeint par Suh de son long emprisonnement en Corée du Sud est l'image inversée de la description de Kang en Corée du Nord. Alors que Kang attribue la brutalité de son goulag au communisme, Suh l'attribue à l'anti-communisme. L'un ignore les goulags du Sud, alors que l'autre ignore ceux du Nord. Chacun insiste sur les horreurs de la vie quotidienne dans leur goulag respectif, mais nous en dit peu sur le milieu dans lequel leurs systèmes évoluaient. La fable simpliste de Kang du bien et mal, liberté et communisme, s'adapte bien mieux aux conceptions de Bush que n'importe quelle vision historique complexe de la division coréenne. Le livre de Suh serait pour lui beaucoup plus difficile à comprendre. C'est déjà bien que le président Bush ait lu au moins un livre sur la Corée, écrit par un Coréen, même si nous ne pouvons pas nous empêcher de souhaiter qu'il en lise deux. Le livre qu'il a lu ne peut que confirmer sa vision simpliste du problème coréen, tandis que celui qu'il n'a pas lu aurait pu l'aider à comprendre que les abus sur les droits de l'homme dans la péninsule coréenne sont enracinés plus profondément que la confrontation entre communisme et anti-communisme, et que le péché originel à partir duquel a surgi un demi siècle d'embrigadement, confrontation et négation des droits de l'homme n'est autre que la division en elle-même. L'abolition des goulags en Corée du Sud n'est due en rien à l'intervention étrangère, et il en sera de même en Corée du Nord.
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Le 13 juin 2005, les portes du Bureau Ovale de la Maison Mlanche se sont ouvertes pour accueillir un jeune Coréen (37 ans) , Kang Chol-Hwan, réfugié nord coréen et peut-être la première personne de Corée du Nord que le président aura rencontrée. Il a été invité à la Maison Blanche car le président Bush venait de lire son livre, écrit conjointement avec Pierre Rigoulot "Les Aquariums de Pyongyang - Dix Ans dans le Goulag Nord Coréen" (New York, Basic Books, 2001) Par une étrange coïncidence, la même année de publication du livre de Kang, 2001, une autre histoire dans les goulags coréens était publiée, également à New-York. Par une coïncidence encore plus étrange, ce livre raconte aussi l'histire d'un Coréen au Japon, également de Kyoto. Son auteur cependant, Suh Sung, n'a pas enduré 10 ans mais 19 ans d'horreur, non pas en Corée du Nord, mais en Corée du Sud, sous des conditions terribles incluant la torture, avant d'être libéré peu de temps après Chol-Hwan en 1990 ( Suh Sung, Dix-Neuf Ans dans le Goulag Sud Coréen. New-York, Rowman and Littlefield, 2001). L'auteur, actuellement professeur à l'université Ritsumeikan de Kyoto, avait été arrêté pour raisons politiques détournées en 1971, torturé, et emprisonné jusqu'en 1990. Les familles Kang et Suh dans l'après-guerre à Kyoto étaient de part et d'autre du rideau de fer qui divisait le Japon et le monde entier. Le tableau dépeint par Suh de son long emprisonnement en Corée du Sud est l'image inversée de la description de Kang en Corée du Nord. Alors que Kang attribue la brutalité de son goulag au communisme, Suh l'attribue à l'anti-communisme. L'un ignore les goulags du Sud, alors que l'autre ignore ceux du Nord. Chacun insiste sur les horreurs de la vie quotidienne dans leur goulag respectif, mais nous en dit peu sur le milieu dans lequel leurs systèmes évoluaient. La fable simpliste de Kang du bien et mal, liberté et communisme, s'adapte bien mieux aux conceptions de Bush que n'importe quelle vision historique complexe de la division coréenne. Le livre de Suh serait pour lui beaucoup plus difficile à comprendre. C'est déjà bien que le président Bush ait lu au moins un livre sur la Corée, écrit par un Coréen, même si nous ne pouvons pas nous empêcher de souhaiter qu'il en lise deux. Le livre qu'il a lu ne peut que confirmer sa vision simpliste du problème coréen, tandis que celui qu'il n'a pas lu aurait pu l'aider à comprendre que les abus sur les droits de l'homme dans la péninsule coréenne sont enracinés plus profondément que la confrontation entre communisme et anti-communisme, et que le péché originel à partir duquel a surgi un demi siècle d'embrigadement, confrontation et négation des droits de l'homme n'est autre que la division en elle-même. L'abolition des goulags en Corée du Sud n'est due en rien à l'intervention étrangère, et il en sera de même en Corée du Nord.