vendredi, juillet 08, 2005

 

Ideaux marchands pour la survie

Los Angeles Times, 4 juillet 2005

Pendant presque toute sa vie, Kim Hui Suk avait cru au discours de Kim Il Sung, fondateur de la Corée du Nord, sans jamais soulever de doute : les Capitalistes étaient l'énemi. L'individualisme c'était le diable. Mais le malheur s'abattit un jour sur sa ville, Chongjin, sur la lointaine côte est nord coréenne. Les usines tombèrent en panne de pétrole. Les rations alimentaires disparurent. Regarder sa famille succomber lentement à la famine ? Sa belle mère, son mari, son fils menacés de mourir de faim ? Kim comprit qu'elle devait changer. Conditionnée pour suivre les règles dans le passé, elle soudoya un bureaucrate afin de pouvoir vendre son appartement. Alors, sans autre compétence en affaires que celle de calculer sur un boulier, elle utilisa les procédures de la vente pour s'introduire dans une affaire de marché noir, colportant des bicuits et de l'alcool de contrebande qu'elle filtrait à partir du maïs. Kim aurait pu être emfermée à vie pour de tel crimes. Mais obeir aux règles aurait été synonyme de condamnation à mort. "Les gens simples et au bon cœur qui faisaient ce qui leur était dicté ? Ils étaient les premiers à mourir de faim." a dit Kim, une grand-mère à la voix douce qui vit maintenant en Corée du Sud et a pris un nouveu nom pour protéger les membres de sa famille qui sont encore dans le Nord. La famine qui a tué deux millions de nord coréens dans le milieu des années 90 et la mort du fondateur de la nation Kim Il sung en 1994 a apporté de grands changements à travers ce pays communiste. Des marchés voient le jour dans l'ombre de usines abandonnées, les influences étrangères rongent les frontières, l'inflation est galopante et la corruption rampante. Une petite classe de nouveaux riches a émergé, bien que une nombre beaucoup plus important de personnes ait été obligé de tout vendre pour de la nourriture.



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